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Chapitre 6 : L’enchaînement

 

 

Les nuits qui ont suivis la visite du mafieux nommé Same, je n’ai que très peu dormi. Désormais c’était plus des questionnements à propos de lui qui me tenaient réveillé que les images atroces de la fusillade ou même de savoir comment allait se passer désormais la vie ici.

De toutes façons les choses étaient claires : il fallait fliquer tout le monde. Fukusachō était plus que présent, dans les rues, au Galactic Romance, à l’épicerie,… Il était partout. Mais depuis que Same l’a humilié devant moi l’autre jour, je dois dire que je le redoute moins, même si mon ventre se tord de peur dès qu’il s’approche trop près de moi.

Nous avons tous eu droit à un discours concernant l’affaire. Les détails que je sais n’ont pas été révélés, cela ressemblait plus à une leçon de moral. Il était clair que notre vie ici était ennuyeuse et déprimante, c’est pourquoi il fallait que cela continue, nous n’avions pas le droit d’être trop proches les uns des autres, au risque d’être envoyé à la maison Ōkami. Tout le monde se suspecte et une ambiance glaciale est tombée sur Kaoku du jour au lendemain.

 

Mais enfin, cela ne m’inquiète pas vraiment : nous avons juste convenus de nous voir moins régulièrement avec Tōdai. D’autant que désormais, les dortoirs sont gardés par les plus haut gradés de Kaoku. Ils peuvent entrer et sortir comme bon leur semble dans nos appartement et peuvent y faire ce qu’ils veulent, mais cela n’est pas très fréquent. Ce sont de fiers gardiens, ils sont un minimum intelligent et font leur travail correctement.

Same. C’est son nom. Sa visite remonte à trois jours, samedi dernier, et pourtant son visage est encore net dans mon esprit. J’ai eu quelques réponses à mes questions, comme par exemple si j’étais tellement perturbé lorsque je l’ai vu, c’est parce qu’il est radieux, tout simplement. Il y a quelque chose chez lui de profondément et naturellement ravissant, un charisme auquel je n’avais encore jamais été confronté. Il provoque chez moi une sentiment chaleureux et chaud, avec ses mèches chatoyantes, ses cheveux châtains, sa peau dorée et ses yeux noisettes. J’ai rarement eu l’occasion de voir un homme si beau, si bien fait à faire rougir des statues grecques, à éclipser les visages les plus réussis. En soi, il n’y a que son activité qui me fait tellement peur, car à bien me souvenir, lorsqu’il m’a rejoint devant le Galactic Romance, il n’avait rien de menaçant. J’ai simplement imaginé des choses. Mais cela ne m’empêchera pas d’être mort de trouille la prochaine fois que je le verrais. Il va falloir que je me fasse tout petit.

 

Aujourd’hui, nous sommes mardi. C’était majoritairement le jour que choisissais l’ancien mafieux pour venir livrer. Peut-être qu’il ne viendra pas ce soir, car il est déjà tard et je n’ai vu personne arriver. Il préfère sûrement changer le jour, se disant que ça porte malheur ou quelque chose dans le genre. De toutes manières on peut dire qu’il ne craint aujourd’hui. Désormais les clients doivent se désarmer à l’entrée, tout comme les yakuzas qui viennent prendre leur pause ici. Ceux qui sont en service, à surveiller le bon déroulement de la soirée, gardent leurs armes, mais ont été assez torturés mentalement pour ne plus vouloir approcher qui que ce soit. Une rumeur à propos de ça plane depuis hier au Galactic Romance, car il est clair qu’il y a quelque chose de différents avec eux ces jours-ci.

 

_ FAIRY !, gronde tout à coup la voix de Big Father dans le Galactic Romance.

 

Je sursaute et manque presque de blesser mon client. Mon regard se tourne vers mon patron, plus loin vers le bar, affichant une moue de mécontentement flagrante. Je m’excuse auprès de mon client avant de le quitter et m’empresse de rejoindre Big Father, le cœur battant à mille à l’heure.

 

_ Un des nouveaux s’est enfermé dans les toilettes. Il refuse de sortir malgré les menaces. Magne-toi de le faire sortir.

 

Son ton est emprunt d’une colère sans nom. Je me dirige alors vers les toilettes et me stoppe net. Mon cœur loupe un battement et le souffle ne me revient pas. Face à moi Luster, Fukusachō et Same. L’effroi dévore chaque partie de mon corps et une tape dans le dos de la part de Big Father me faire mouvoir à nouveau. Ne pas réfléchir et y aller. Toutes les portes des toilettes sont ouvertes sauf une. Des impacts de balles récents fument encore contre le bois. J’écoute des sanglots de l’autre côté.

 

_ Ça fait une heure qu’il est là-dedans, dit Fukusachō. Si on m’avait laissé faire, on aurait éclaté le loquet et il serait dehors depuis bien longtemps.

 

Son regard se pose alors sur Same, qui affiche un rictus satisfait. Pourquoi je ne l’ai pas vu entrer ? Est-ce qu’il est passé par derrière ? Je n’attends pas une seconde et regarde par le trou qu’une balle a laissé pour tenter de voir la personne à l’intérieur des toilettes. Ne voyant rien je vais dans les toilettes d’à côté. Je monte sur la cuvette, pose un pied sur le bouton de chasse et prend appui avec mon autre pied sur le caisson métallique du rouleau de papier toilettes accroché sur le mur. Je me hisse ensuite sur la plaque qui sépare les deux toilettes et m’assoit sur le bords.

 

_ Il est plein de surprises celui-là, fait alors la voix rocailleuse de Same.

 

Je ne réponds rien et regarde à l’intérieur du toilettes.

 

_ Non Fairy ! Pars ! Ca n’a rien à voir à avec toi !

 

Sulk. C’était le petit nouveau qui était venu devant chez moi le soir de la cérémonie et que j’avais tenté de consoler. J’effectue la même démarche pour atterrir sur le sol, à coté de lui.

 

_ Si, ça a quelque chose à voir avec moi, puisque tu es sous ma responsabilité. Explique-moi ce qu’il se passe.

 

Il commence à me pousser.

 

_ Non ! Dégage de là ! Ils vont te tuer aussi sinon !!

 

Je ne réfléchis même pas et lui flanque une gifle, ce qui le stoppe aussitôt dans ses sanglots.

 

_ Tu vas m’écouter maintenant. Tu n’es plus un gamin. On ne s’enferme pas dans des toilettes à ton âge. Tu t’attires des ennuis. Tu m’attires des ennuis. Tu attires des ennuis à tout le monde.

 

Je crois que je n’avais pas éprouvé de sentiment de colère depuis bien longtemps. Mais face à ce visage larmoyant et humilié, il me quitte bien vite et je me rapproche de lui pour doucement le prendre dans les bras.

 

_ Mais si tu es là, c’est que tu as certainement une bonne raison. Donc maintenant on va s’asseoir et tu vas m’expliquer ce qui ne va pas.

 

Il s’exécute, se laissant tomber par terre et je m’assoie en face de lui. Il se penche vers moi et chuchote :

 

_ Je ne veux pas qu’ils entendent. Ils sont juste derrière la porte.

 

_ Tu n’as qu’à me le dire à l’oreille.

 

Il s’approche alors davantage et je sens son souffle saccadé s’écraser contre ma peau. Au fil des mots qu’il débite, son souffle devient de plus en plus irrégulier tandis que mes yeux s’ouvrent de plus en plus grands. Ses sanglots reprennent tandis qu’il s’écarte peu à peu de moi.

 

_ Fairy ?, s’enquiert alors Big Father.

 

_ Tu les chouchoutes trop, crétin, lui réplique alors Fukusachō. Regarde et apprends gros naze.

 

Ses pas s’approchent de la porte et il la mitraille tout à coup de coups de poing.

 

_ Sors d’ici tout de suite ! Faify ouvre cette porte !! Magne-toi sinon je vous descends tous les deux !! Dépêche-toi !

 

Same s’en mêle à son tour, lui conseillant de se calmer, avant que Big Father et Luster décident d’envenimer les choses, si bien qu’un brouhaha se fait entendre où des noms d’oiseaux volent et des menaces de morts destinées à un peu tout le monde, Sulk et moi y compris.

 

_ Écoute-moi, lui dis-je alors, on a pas beaucoup de possibilités. Soit tu demandes une fleur à Fukusachō et tu y passes. Soit on contourne le système en prenant le risque de se faire prendre et de mourir tous les deux.

 

Ses sanglots redoublent.

 

_ Mais je ne veux pas mourir ! Comment je peux m’en sortir ? Il faut que tu m’aides ! Fairy je t’en prie !

 

_ Je ne suis pas Dieu Sulk, crois-moi que j’aimerai changer beaucoup de choses ici, si ce n’est pas tout. C’est là nos deux seules options car si on laisse faire, ils finiront pas s’en apercevoir, et cela n’en sera que plus douloureux pour le même résultat au final. Nous n’avons pas beaucoup de temps.

 

De l’autre côté de la porte, la dispute bat son plein. Mon cœur va exploser. Et dire qu’il va falloir que j’ouvre ce battant à un moment ou à un autre, et faire face à cette bande de chiens se dévorant les uns les autres, me risquant à me mettre sous leur nez. Mais le courage dont doit faire preuve Sulk est bien plus grand encore. Après un silence de réflexion, ses pleurs cessent et il lève un regard déterminé vers moi.

 

_ Je choisis la première option. Tu n’as pas à mourir pour moi.

 

Il se lève lentement, s’imposant face à moi comme un héros. Il me paraît tellement différent du fébrile petit adolescent dont j’essuyais les larmes il y a à peine cinq minutes. Il paraît être fait en quelque chose d’autres, comme si son squelette se composait d’acier désormais, et jetant un regard désinvolte droit devant lui. Je suis époustouflé par tant d’ardeur. Reprenant mes esprits je le stoppe au moment où il s’apprête à tirer le loquet de la porte.

 

_ Attends une minute. Dès que tu vas sortir, l’un d’eux -Fukusachō ou Big Father- va directement te tuer. Laisse-moi d’abord leur expliquer.

 

_ C’est à moi de le faire, Fairy.

 

_ Je le sais, mais tu ne vas pas en avoir le temps. C’est peut-être ta chance de rester en vie, Sulk.

 

Son regard se fait pensif quelques secondes avant de hocher la tête. A mon tour, mon poing s’abat sur le battant pour leur signifier que nous sommes prêts à sortir, et finalement le brouhaha cesse. Je lance un dernier regard à Sulk, qui n’a rien perdu de son cran, puis tire le loquet et ouvre doucement la porte. Je ne le laisse pas sortir et tire la porte derrière moi.

 

_ Alors ? Il sort ou merde ?, me jappe le second de la maison Ōkami.

 

Prenant une grande bouffée d’air, je me lance alors dans l’explication, devant leurs airs emplis de colère et de curiosité.

 

_ La semaine dernière, Sulk a dû s’occuper d’un client… infesté par un…. Il était malade, dirons-nous. Sulk n’ayant pas le droit de refuser, il a donc continué. C’est à son tour de traîner cette saloperie, désormais.

 

Je lâche la porte, qui s’ouvre dans un grincement horrible, dévoilant Sulk qui s’avance à côté de moi.

 

_ Si cela n’est pas trop demandé, j’aimerai que votre infirmier, Fukusachō-sama, s’occupe de son cas. Cela n’a rien de très grave mais cela pourrait se propager au sein du Galactic Romance. Si on le traite, tout ira mieux. Afin d’éviter à l’avenir ce désagrément, je vous propose une permanence médicale pour les dansaba. Ainsi, nous n’aurions plus de problèmes de ce genre.

 

Mon interlocuteur laisse échapper un rire moqueur en réponse. Sulk s’incline alors et dit avec détermination.

 

_ S’il vous plaît, Fukusachō-sama !

 

Il rit d’autant plus fort, me faisant monter la bile aux lèvres. Je le sens mal, tellement mal. En vérité, je le vois déjà condamné. Un tel rire n’annonce jamais rien de bon, je commence à le savoir désormais. Je tente au mieux de dissimuler les quelques tremblements qui agitent mon corps.

 

_ Relève-toi, gamin, lui répond-il enfin. Car j’ai trouvé une solution…

 

Sulk s’exécute tandis que Fukusachō s’approche de lui. J’ose un regard vers eux, le second de la maison Ōkami passant sa main dans les cheveux de mon protégé.

 

_…afin d’éviter à l’avenir ce désagrément, me cite-t-il.

 

En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il pose le bout de son flingue sur le front de Sulk et appuie sur la détente. Je perçois le bruit significatif du liquide s’éclatant contre le mur avant que mes oreilles ne se bouchent, suite au coup de feu porté à moins d’un mètre de moi. Je reste parfaitement immobile, voyant le cadavre de Sulk s’effondrer sur le sol. Mon ventre se tord dans tous les sens. Les larmes me montent aux yeux. Mon regard reste figé sur ces giclées de sang et les morceaux de chair qui recouvrent les toilettes que nous venons de quitter, tandis que je perçois de nouveau peu à peu une voix, celle de Same.

 

_ Mais vous êtes complètement malade ou quoi ? Vous n’aviez aucune bonne raison de le tuer. Les choses ici sont bien pires que je ne le pensais. Il va vous falloir du changement !

 

_ Cher invité, ici je suis chez moi et fait ce que bon me semble. C’est mon territoire et vous n’avez pas votre mot à dire. Je n’ai pas de leçon de morale à écouter d’un mafieux, qui a fait dans sa vie des choses bien pires. Si j’ai envie d’abattre froidement un homme, je le fais et je n’ai aucun compte à vous rendre !

 

Après un laps de temps, son adversaire répond un ton en-dessous : « Il se pourrait que cela change très bientôt », sa voix légèrement déformée par le sourire qui doit fendre son visage.

C’est lorsque Fukusachō lui répond que je sens la main de Big Father sur mon épaule.

 

_ Reste pas là, Fairy, fait-il sans animosité. Rentre chez toi et va te laver.

 

C’est à ce moment que je me rends compte du sang qui coule sur moi. Je refuse de regarder et quitte la pièce. Tōdai attendait dans le hall et je peux voir son air choqué. Il a du assisté à la scène, mais au moment où je lui fait face, il adopte ce regard protecteur et attentionné qu’il a l’habitude de poser sur moi. Il m’attrape la main tandis que je passe à côté de lui.

 

_ Fairy, est-ce que ça va ?, me fait-il.

 

_ Non. Je ne sais pas. Je rentre chez moi. Je ne veux pas parler. Pas maintenant en tout cas. Bonne nuit Todai, lui répondis-je complètement déboussolé.

 

Je me rends jusque dans les vestiaires, laisse mon costume dénudé sur le sol et enfile lentement mes habits, avant de sortir par la porte de derrière. Mes pas avancent seuls, petits et faibles, aussi lents qu’une marche d’enfant. Quelque part, au fond de moi, je savais qu’il n’avait pas une chance. Mais il y a eu ce faible espoir. Ce fichu espoir, de pouvoir le sauver, tout comme on m’a sauvé. Tant de sang… Il y en avait partout… Le tir à bout portant lui a arraché la moitié du crâne. Et l’image a tellement de mal à s’effacer de ma mémoire. Je pourrais presque encore sentir l’eau de ses larmes dans mon cou. Je n’en reviens pas qu’il soit aussi facile de retirer la vie à quelqu’un, qui en plus a eu autant de cran, de courage. Peut-être qu’il savait aussi qu’il allait y rester et il a regardé la mort droit dans les yeux.

 

Après une durée indéterminée, qui m’a semblé aussi longue qu’une existence sur la Terre, je daigne à regarder autour de moi. Je ne suis pas allé très loin, je vois encore les néons rouges du Galactic Romance au loin derrière moi. Il faut que j’arrête de penser à ça. Et pourtant je me sens à bout de force, comme si mes jambes allaient me lâcher, d’un moment à l’autre. Mon appartement est encore à quelques rues d’ici, mais je reste là, à regarder le bâtiment qui me fait face, à moitié détruit et qui ne tient debout que par miracle. Plus personne ne l’habite depuis trois ans, m’a dit un jour Tōdai, après un raid de Tora. Ce bâtiment à été le QG du clan adverse, qui avait presque conquit tout le territoire de Ōkami. Mais il y eut un retournement de situation et la frontière redevint comme elle l’était. L’ampleur des travaux pour remettre ce bâtiment en état n’est pas dans les moyens du clan Ōkami, enfin de ce qui se dit. Il n’empêche qu’il est toujours là, sans vie, froid et vide. Pourtant il ne m’effraie pas, je dirai même que je le trouve plus accueillant que la plupart des autres bâtiments, car justement rien ne m’attend a l’intérieur. Personne n’ose vraiment y entré, de part la poutre qui barre la porte d’entrée, qui laisse seulement la place pour se glisser dans l’ouverture et donnant l’illusion que l’on en ressortira jamais. Des pas se font attendre dans mon dos.

 

_ Fairy, fait une voix suave non loin de moi. Ne reste pas là, on dirait que cette ruine va t’avaler.

 

Une voix suave que je commence à connaître et qui me glace le sang tout à coup. Same. Osant me retourner, je le regarde arriver près de moi. Mon cœur repart de plus belles. Aurais-je droit à une seconde de paix ? Cette fois, s’en est trop pour mon esprit il faut croire. Le voir s’approcher si rapidement, telle la Faucheuse prête à m’arracher la vie, me fait tourner de l’œil et je sens de nouveau la vie me quitter pour repartir dans ce lent et profond sommeil. Lorsque je me réveille, le même homme est au dessus de moi. 

 

_ Je me savais beau, mais de là à s’évanouir devant moi, ce n’est pas un peu trop ?

 

J’aimerai bouger, mais mon corps répond à peine. Je prends conscience que je suis à moitié allongé sur ses genoux. J’ai du m’évanouir simplement une minute, car rien autour de moi ne semble avoir changé. Il est près, beaucoup trop près. Mon cœur bat la chamade tandis que je ne trouve pas les mots. Je veux m’enfuir loin. Il va m’arracher la tête, l’éclater à grands coups de rangers, mutiler mon corps ou faire des choses encore plus horribles. Il faut que je parte et lorsque mon corps réponds enfin, il me maîtrise bien vite.

Je sens son regard sur mon visage mais je ne vois qu’à peine le sien, par manque de luminosité. 

 

_ Calme-toi, c’est bon, fait-il à demi-voix.

 

Je ne vois pas comment je pourrai rester calme ! Cette fois, ça y est, les larmes roulent sur mes tempes et mon corps se détend, abandonne. Je m’ose à lui adresser la parole.

 

_ Excusez-moi. Si vous voulez faire ça en privé, j’ai un appartement, et cela ne vous coûtera rien. Sinon, si vous voulez me tuer, je vous en prie, faites-le sans attendre.

 

Il reste quelques secondes sans rien répondre, me fixant. L’effroi est en train de me dévorer. Je veux disparaître, partir loin d’ici, loin de lui, loin du Galactic Romance, loin de Fukusachō. Cela fait des mois que je souhaite mourir, mais je n’ai jamais eu le cran de me donner la mort. Depuis que Tōdai et moi sommes amis, cette idée s’est un peu estompée. Mais désormais, elle revient en force. Le plus incongru là-dedans, c’est que j’ai peur de mourir.

Son faible rire stoppe mes pensées.

 

_ Voyons, on ne se connaît pas ! Pourquoi est-ce qu’on coucherait ensemble ? Tu sembles avoir oublié quelques règles fondamentales. Oh bien sûr, je suis irrésistible, mais il va falloir être patient.

 

Voilà quelque chose d’encore plus étrange. Qu’est-ce qui lui prend ? Depuis la première fois que je l’ai vu, il a trente-six mille occasions de me torturer, et il ne l’a toujours pas fait. Je me redresse et m’écarte de lui, m’essayant sur le sol.

 

_ Pardon ?, je lui réponds, pas certain de comprendre véritablement ce qu’il sous-entend.

 

Il attrape le sac en papier à côté de lui et qui semble lui appartenir.

 

_ J’aimerai te connaître un peu mieux. Il ne faut pas avoir peur, je ne te ferai aucun mal. En vérité, je te propose même de manger un bout ensemble.

 

Il sort le contenu du sac et me présente quelques onigiri emballés dans du cellophane.

 

_ Ce n’est pas grand chose, sourit-il, mais je n’ai pas trouvé de bon resto dans le coin !

 

Je reste stupéfait face à cette proposition. Est-ce qu’il est sérieux ? Je dois rêver, ce n’est pas possible autrement ! Je l’écoute vaguement tandis qu’il énumère différentes choses.

 

_ D’abord il y a le premier rendez-vous, certainement celui que je préfère, qui se fait généralement dans un restaurant quelconque. Puis le deuxième rendez-vous qui commence par des roses ou autre et qui se termine par le premier baiser. Et c’est le plus généralement au troisième que l’on quitte cet air faussement prude et qu’on s’adonne à la rage du sexe. Enfin, de ce que j’en sais. Après, je suis un gentleman, je sais attendre que le fruit soit assez mûr.

 

Je papillonne des yeux. Ok, je crois que je suis encore dans les pommes, c’est un rêve, je vais me réveiller. Mais d’où il sort ça ? Et puis si je refuse, il va faire quoi ? Refuser ? Pourquoi je refuserai de toutes façons ? Si on écarte cette peur qui me fige, il est… hypnotisant. Oui, je pense que c’est le mot.

Et puis, je n’ai pas eu droit à ce genre de traitement aussi attentionné depuis plus d’un an maintenant. D’un coup, ça me revient : je n’ai pas le droit.

 

_ Alors ? Qu’est-ce que tu en dit ?

 

_ Hum….

 

Vite trouver quelque chose à dire. Oh oui bien sûr que j’ai envie, mais je n’ai surtout pas le droit. Si je me fais prendre à le fréquenter, cela sera considéré comme du batifolage illégal, et en plus Fukusachō ne peut pas le sentir. Je vais me faire guillotiner directement. Voyant que je ne réponds pas, il ajoute :

 

_ Je sais que beaucoup de choses ont changé depuis la mort de mon collègue, notamment que vous n’avez le droit de fréquenter plus personne, dans les grandes lignes. Mais on dirait que tu as trouvé l’endroit parfait !

 

Il désigne derrière lui le bâtiment délabré. Il veut vraiment entrer là-dedans ? Ce truc va nous tomber dessus à peine nous aurions poser un pied dedans. Et puis c’est en plein milieu de la rue, ça n’a rien de discret.

Mais c’est vrai que c’est les dernier endroit où quelqu’un penserait à regarder. Si l’on ne fait pas de lumière, il n’y aucune raison que quelqu’un vienne voir ce qu’il se passe ici. Il faut dire que ce n’est pas une mauvaise idée. Il se relève et me tend sa main.

 

_ Tu viens ?, me sourit-il.

 

Je reste quelques secondes à le regarder. Je n’arrive pas à me faire à l’idée qu’il ne va pas tenter de me tuer ou quoique ce soit, cela reste une possibilité plausible de la tournure des événements pour moi. Je ne pense pas que ses intentions soient bonnes, même s’il a l’air sincère, car c’est tout simplement impossible qu’un homme comme lui éprouve des sentiments, qu’ils soient envers moi et qu’une telle chose m’arrive. C’est pourquoi, si je saisis sa main et me laisse tirer à sa suite vers l’entrée du bâtiment, c’est en sachant que je ne reverrai jamais la lumière du jour.

 

Une fois à l’intérieur, on ne voit pas à trois pas devant nous. La plupart des fenêtres sont condamnées et simplement la faible luminosité de l’entrée nous permet de distinguer les murs du hall.

 

_ C’est un peu plus sombre que ce que j’imaginais, fait-il d’un air un peu déçu. Ne lâche pas ma main, on va essayer de trouver une autre pièce.

 

Il se dirige alors vers la gauche, où l’on peut voir une alcôve qui donne sur des escaliers. Sa main est chaude et tient la mienne sans la broyer. Je dirai même qu’il est délicat, et c’est bien la dernière chose que j’aurai imaginé venant de lui.

Nous arrivons aux escaliers et nous montons les premières marches. Désormais nous ne voyons plus rien. Face à moi, l’immensité du néant obscure, avec pour seul repaire sa main et le bruit de ses pas. Privé de la vue, mes autres sens ne s’en trouvent que décuplé, notamment le toucher : contre mon visage et mon torse, le sang de Sulk sèche et tiraille ma peau. Un haut le cœur me stoppe une seconde, tandis que la réalité de sa mort me frappe. De toutes façons, je vais bientôt y passer aussi, je ne vais avoir à vivre avec ça très longtemps.

 

_ C’est la fin de l’escalier me dit-il. Encore trois marches.

 

Je les monte et constate qu’effectivement nous sommes au premier étage. Il fait un pas et un grincement horrible provenant du sol résonne dans toutes les pièces. Nous retenons notre souffle quelques secondes, avant de pousser un soupir de soulagement : le sol ne s’est pas encore effondré.

 

_ Je vois un peu de lumière là-bas, viens.

 

Doucement, il m’attire à sa suite dans la pièce au-dessus du hall. Je vois aussi que dans la pièce d’en face il y a un faible halo, provenant de l’extérieur certainement. Sous mes pas, je décèle quelques gravas et peut-être même des armes vu les bruits métalliques. Cela sent la poussière et une odeur de pourriture à faire soulever les estomacs. J’espère qu’il n’y a pas de cadavres par ici. De nouveaux grincements se font entendre et par un réflexe je m’accroche complètement à son bras, imaginant le sol se dérober sous nos pieds à n’importe quel moment. Néanmoins il ne s’arrête pas, déterminé à atteindre l’autre pièce. En nous rapprochant je peux constater que la lumière vient d’une fenêtre à moitié recouverte par une planche et la lumière provient en partie des autres bâtiments et des lampadaires plus loin, donnant une semi-clarté à la pièce. Au seuil, il s’arrête et je peux de nouveau distinguer son visage. Je relâche un peu mon emprise, jusqu’à totalement m’écarter de lui. Il examine le sol puis s’avance. Il s’assoit au centre de la pièce et je le rejoins, pas rassuré pour autant.

 

_ Ça devrait le faire, on va éviter de trop bouger dans le doute.

 

Je ne comptais pas danser le Boogie-woogie avant de mourir de toutes façons, il n’a pas à s’en faire. Il s’affaire à déballer deux onigiri et m’en tend un.

 

_ J’espère que tu aimes les umeboshi, il n’y qu’à ça, souris-il.

 

_ Oui, j’aime bien, je lui réponds.

 

Il pourrait y avoir n’importe quoi dedans que je le mangerai de toutes manières. On ne refuse pas un repas gratuit. Je mords avec envie de le riz, ne prenant même pas la peine de déguster. Je commence à avoir des doutes ce que je pensais de lui. Après tout, il a peut-être raison, peut-être qu’il ne me fera pas de mal. En vérité, la peur de sentir le sol s’écrouler est plus grande que celle d’être en sa présence. Le fait qu’il sourit autant y est peut-être pour quelque chose, cela lui donne un air parfaitement innocent, comme s’il s’était retrouvé dans la mafia Ryū par hasard. Avalant ma bouchée, je me permet de lui demander à demi-voix :

 

_ Donc c’est vrai ? Vous… Vous n’allez pas me tuer ou même simplement me torturer ?…

 

Je n’ai pour répondre qu’un silence, de longues secondes. Il est immobile, me regardant, n’affichant aucune émotion.

 

_ Non, dit-il froidement. Arrête avec ça. Tu ne peux pas me faire confiance de part ce que je fais, j’en suis conscient. Mais je t’ai dit que je ne te ferai aucun mal, et je tiens mes promesses.

 

Son ton est dur, comme si je venais de l’insulter. Au moins, ça a le mérite d’être clair. Je dois bien lui céder:je ne crois pas que je parviendrai à lui faire confiance. Lorsqu’il me regarde droit dans les yeux, comme à cet instant, je me sens faible et vulnérable.

Se positionnant plus confortablement, il entame un autre sujet.

 

_ Alors dis-moi, comment tu t’appelles ?

 

_ Fairy, je réponds aussitôt.

 

Il échappe un faible rire.

 

_ Non, je veux dire ton nom dans la vrai vie, ton vrai nom, celui que tu avais avant d’atterrir ici.

 

C’est à son tour d’avoir pour réponse qu’un silence. Mon visage s’apparente un peu au fait que l’on ait oublié un mot et qu’on l’aurait sur le bout de la langue. Mais là, ce que je ne m’en rappelle vraiment plus. On ne m’avait jamais posé cette question depuis que je suis ici. J’ai l’impression que je suis ici depuis des années et que mon ancienne vie est à des années lumière. A force d’écouter « Fairy », « Fairy », « Fairy », je crois avoir perdu mon vrai nom.

 

_ Je… Je ne m’en souviens plus, fis-je partagé entre l’étonnement et la tristesse.

 

Comment ai-je pu oublié quelque chose d’aussi fondamentale à mon identité ? Je ne m’appelle pas « Fairy »… Ce que je suis aujourd’hui, ce n’est pas moi, je suis une tout autre personne, et cette dernière semble s’effacer peu à peu.

 

_ Ce n’est pas grave, cela va te revenir un jour ou l’autre je pense. Je vais me contenter de « Fairy » jusque là, fait-il dans un rictus.

Ne me laissant pas le temps de me plonger dans la tristesse, je lui retourne alors sa question.

 

_ Same, et mon vrai nom est top secret. Disons que ça fonctionne à peu près sur le même système qu’ici. Enfin pour être franc, Ōkami a copié Ryū, mais ça c’est une autre histoire. Quand je suis entré dans la mafia, j’ai du abandonné mon nom natal, ainsi qu’une ribambelle d’autres choses.

 

_ Vous êtes entré délibérément dans la mafia ?

 

Mais quelle idée ?! Je ne le pensais pas si bête à première vue.

 

_ Oui et non. Au départ, je voulais devenir mangaka, ou quelque chose dans le genre. J’adorais dessiner. Mais quand j’ai eu dix-sept ans, mon père est mort du cancer et je n’ai jamais connu ma mère. Je me suis retrouvé chez mon oncle qui faisait parti de la mafia. Et disons que vu que j’étais sous sa tutelle, je n’aurai pas trop eu le choix ensuite, alors autant que ce soit moi qui prenne la décision plutôt que l’on décide à ma place de ce que deviendrait ma vie.

 

Je pense que je comprends un peu ce qui a du traverser son esprit à ce moment-là. Peut-être qu’il savait déjà ce que devait faire son oncle, les choses les plus horribles, et qu’il ne voulait pas subir cela comme une obligation mais l’accepter comme une de ses décisions.

Cela lui permet peut-être de mieux vivre la chose. En même temps, il a l’air taillé pour cela, je ne sens pas avec lui tout ce que je sens qui émane des autres, comme si je voyais toutes les actes terribles qui se sont déroulés sous leurs yeux ou qu’ils ont subis.

Et tout à l’heure, il ne semblait vraiment pas choqué, dans les toilettes, alors que même Big Father me paraissait un peu perturbé. Je me demande alors quelles genre de choses il a pu voir et faire. Mais je pense aussi que je ne veux pas réellement savoir tout ça.

 

Il finit son onigiri et s’en déballe un autre, le regard toujours rivé sur moi.

 

_ Et toi ? Qu’est-ce que tu faisais avant ?

 

_ Hum, je cherchais du travail près d’ici, après une année d’université ratée. J’enchaînais les petits boulots dans les boutiques, les bars, les cafés,… Rien de très passionnant.

 

Je détourne le regard, trop gêné et intimidé de voir le sien ancré dans le mien. Je mors dans mon onigiri de petites bouchées, ayant peur de devoir répondre sans cesse et ne voulant pas le faire patienter.

Un silence s’installe, pesant, insoutenable. Je peux presque sentir une goutte de sueur couler sur ma tempe tellement je suis tendu. Il ne dit rien, je n’entends que le bruit de sa mastication. Dois-je vraiment le croire quand il dit qu’il ne tentera rien envers moi ? Comment puis-je le croire de toutes façons ? C’est un membre de Ryū. Par définition, il est dangereux. Je ne vois comment je pourrais me sentir bien en sa présence.

Voyant que je finis le mien, il m’en tend un autre, ne me lâchant pas du regard, comme s’il voulait lire à travers moi, essayant de comprendre quelque chose ou je ne sais quoi. C’est au bout de cinq longues et interminables secondes qu’il dit enfin :

 

_ En vérité, je pense que j’en sais plus sur toi que je ne le pensais.

 

J’ose alors de nouveau croiser son regard, trop étonné pour me contenir.

 

_ Tu n’es pas sans savoir que la mafia est dans la plupart des affaires d’Ōkami. C’est pour cela que je peux les mener à la baguette, même si le second chef tente de défendre son territoire. Mais il n’a pas l’air de comprendre que cela fait bien longtemps que nous sommes ici chez nous aussi, et que si la mafia n’était pas là, cet endroit ne tournerait jamais. Ce sont de jeunes louveteaux qui se prenne pour les Alpha.

 

Il allait dire autre chose quand un bruit sourd se fit entendre, en bas. Puis un coup de feu retentit, juste à côté du bâtiment. J’écoute des cris, des bruit de coups de poings qui cassent des os. Same pose son index contre sa bouche pour me dire de ne pas faire de bruit. Mon corps commence à s’agiter de tremblements. Je suis certain que ces personnes dehors savent que nous sommes ici, qu’ils sont ici pour nos tuer.

 

_ Fukusachō !, fait une voix dehors, je l’ai eu !

 

Je ne peux pas voir ce qui se déroule sous notre fenêtre, n’osant pas me lever au risque de faire grincer le plancher et de nous faire repérer.

 

_ Très bien, va le mettre avec les autres. S’il t’écoute encore une fois une rumeur d’un mec qui vole dans la réserve de came, tu fonces et tu le tues. Je ne veux même pas que tu prennes le temps d’en être certain. Peut-être qu’une petite rafle les remettra tous à leur place. Fouille du côté des dansaba, je suis sûr qu’ils en prennent aussi.

 

Nous entendons à peine leurs pas lorsqu’ils s’éloignent, si bien qu’il est difficile de dire où ils se situent.

 

_ Bon, je crois qu’on va s’arrêter là, murmure Same.

 

Je secoue la tête positivement pour lui montrer que je suis d’accord et que je veux vite partir d’ici. Nous n’avons que trop traîner ici. Il se relève lentement, après avoir prit la précaution de ne rien laisser de notre passage, hormis nos traces dans la poussière. Il regarde par la fenêtre sans s’en approcher.

 

_ Fukusachō est toujours là, un peu plus loin. Est-ce que tu habites par là-bas ?

 

Je me relève à mon tour, veillant à ne pas faire trop de bruit. Je hasarde un regard dans la direction donnée. C’est effectivement sur mon chemin, mais je peux le contourner. De toutes façons, il n’est là qu’en tant que garde, laissant ces yeux devenir de véritables radars. Si je lui passe devant alors que j’ai quitté le Galactic Romance depuis environ une heure, il ne va pas apprécié.

Je spécifie à Same que tout va bien, que je connais un autre chemin parfaitement sûr, et nous commençons à partir.

 

Sur le palier du bâtiment, il s’éloigne vers l’entrée de Kaoku avec un signe de main bref, sans être tourné vers moi. Je ne crois que je ne mesure pas encore la réalité de ce qui vient de se dérouler. Je reste peut-être deux minutes, là, à regarder droit devant moi, regarder là où il se tenait peu auparavant. Des milliards d’émotions me traversent, mon cerveau est embrouillé, je ne sais plus quoi penser, je ne comprends plus ce qu’il se passe, mais est-ce que ça a déjà été le cas ?

Sur le chemin de mon appartement, je réalise que je vais avoir droit à un discours de la Vieille et de Luster concernant la mort de Sulk. Je sais qu’avec toutes ces choses qui tourbillonnent dans mes tête, je ne vais pas réussir à fermer l’œil.

 

 

Une heure plus tard, allongé sur mon futon, je pense à toutes ces choses : le courage de Sulk pour affronter la mort, la violence de cette dernière, la rafle qui s’annonce, le mystérieux Same qui soulève tellement de questions en mon esprit. Un petit bruit sec me fait sursauter. Je m’assois dans mon lit et cherche du regard d’où peut venir ce bruit. Tendant l’oreille, j’écoute l’évier qui goûte, l’eau qui passe dans les conduits, des voix au loin, le crissement du cuir des chaussures du garde devant ma porte. Ce bruit résonne à nouveau et je me tourne vers la porte fenêtre, qui donne sur le balcon commun aux appartements de l’étage. C’était le bruit d’un gravier qui s’abat contre le verre. Pensant savoir de qui il s’agit, je me dépêche de sortir. Tōdai.

 

_ Tout va bien ?, murmure-t-il.

 

Malgré le faible son de sa voix, j’écoute toute l’inquiétude qui a du le ronger jusqu’ici.

 

_ Je veux dire… Le mec de Ryu est venu me parler juste après que tu sois parti. Il m’a demandé des choses à propos de toi ! Il voulait des renseignements, je du lui dire, je suis désolé ! Fairy, je ne voulais pas, crois-moi, je…

 

_ Tout va bien Tōdai, rassure-toi. Il ne m’a rien fait. Il a dit qu’il ne le ferait jamais.

 

_ Ne l’écoute pas ! Ce type est trop dangereux Fairy !

 

_ Je le sais, ne t’en fais pas. Mais c’est lui qui vient me voir, je ne peux rien y faire. Je te dis que tout va bien, va te coucher maintenant.

 

Il reste quelques secondes à me regarder, avant de finalement s’éloigner, me laissant avec mes pensées. Je retourne m’allonger sur mon futon, l’esprit encore plus embrumé de questions. 

 

Par Ravish Me le 28 avril, 2013 dans Chapitres 1 à 10

  1. Bon déjà j’me suis dis « pourquoi je laisserai pas un commentaire ? » .
    Donc je suppose d’après tes dires que Same est le deuxième personnage principal avec qui il va y avoir un amour impossible. Évites aussi de tout le monde d’ici la fin, parce que même si les blood bath c’est plutôt cool voilà quoi. (<= ceci est la phrase la plus utile de mon commentaire…).
    Bref ! Écris moi vite la suite ma petite licorne evil d'amour.

    Commentaire by Sophie — 28 avril 2013 @ 15 h 40 min

    Répondre

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Quatrième de couverture

L'intensité et la profondeur du firmament ancrés contre moi méritent toutes les guerres. J'ai cherché longtemps sans savoir où j'allais. Dans ces rues sales, j'ai retrouvé une pépite tintinnabulante qui m'a soulevé des âcres fonds. D'étranges symboles y étaient gravés, alors j'ai su. Les hurlements brisés résonnaient mais je voulais seulement redécouvrir ce ciel. En suffoquant, j'ai plongé dans tes yeux.

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